EREPTITIUM. On désignait en droit romain par ereptirium, ou ereptorium, l'attribution au fisc ou à certaines personnes des dispositions testamentaires enlevées aux ayants droit pour cause d'indignité. Ulpien range parmi les acquisitions résultant de la loi (lege), l'ereptorium et le caducum provenant de la loi Papia Poppaea. Il est probable que ce jurisconsulte, indépendamment des caduca, fait allusion ici aux parts enlevées aux héritiers ou légataires qui s'étaient prêtés à éluder les lois caducaires. On sait du reste qu'un sénatusconsulte dépouilla, au profit du fisc, l'héritier fiduciaire qui exécutait frauduleusement un fidéicommis tacite, contraire aux prescriptions des CADUCAHJAE LEGES, tout en laissant à la charge de l'indigne certaines conséquences préjudiciables de l'adition d'hérédité, comme la confusion
de ses créances contre le défunt, ou de ses servitudes suries biens de la succession 3. La preuve de la fraude se faisait par tous les moyens possibles. Les legs ou fidéicommis autorisés devaient ètre exécutés par le fisc; celui-ci, en vertu d'un rescrit d'Antonin le Pieux, profitait de la quarte falcidie [LEGATUM], que le sénatus-consulte Plancien avait enlevée au fiduciaire''. Le pater, qui avait voulu frauder les lois caducaires, perdait aussi le jus caduca virrdicandi6; le sénatus-consulte Silanien, en 163 de Rome (10 de J.-C.), frappa d'indignité l'héritier 6 qui avait accepté la succession d'un défunt, dont la notoriété publique dénonçait la mort violente, sans avoir fait mettre à la torture [QUAESno] les esclaves de la maison. Justinien maintint en principe toutes ces causes d'indignité. G. HUMBERT.