ESSEDARIUS. On désigna d'abord sous ce nom les soldats de la Grande-Bretagne, qui, montés sur les chars appelés ESSEDA, défendirent contre les troupes de César l'indépendance de leur pays ; le mot s'appliquait à la fois au conducteur et au guerrier qui prenaient place sur chacun de ces véhicules'. Ils formaient dans les troupes du roi Cassivellaunus un contingent de quatre mille hommes 2. On suppose qu'après ses victoires César ramena à Rome un certain nombre de ces barbares, afin que le peuple pût être témoin, dans un amphithéâtre, de l'habileté redoutable avec laquelle ils manoeuvraient leur chariot sur les champs de bataille De là sans doute se forma une classe particulière de gladiateurs, qui prit leur nom, leur costume, leurs armes et leur façon de combattre. Peut-être même continua-t-on, sous l'Empire, à tirer ces gladiateurs de la Grande-Bretagne. Suétone raconte en effet qu'un essedarius, ayant été vainqueur à Rome dans un spectacle public, affranchit son esclave, aux applaudissements de la foule, pour le concours qu'il en avait reçu en cette occasion 't; cet esclave ne pouvait être que son compagnon de char, qui lançait le javelot à ses côtés; et ceci concorde fort bien avec un passage de Tacite, obi nous apprenons que chez les Bretons, à l'inverse de la coutume hellénique, le cocher était d'une condition plus relevée que le combattant'. Les expéditions entreprises dans la Grande-Bretagne sous Claude et sous Néron donnèrent à ce genre de spectacle un attrait tout particulier', et elles durent aussi faciliter le recrutement des essedarii. Claude fit représenter dans le Champ de Mars la prise et le sac d'une ville, pour donner une image de la guerre et de la soumission des chefs bretons, et il y présida vêtu du costume militaire. Les esseda'rii étaient soumis aux mêmes règlements que les autres membres de la gladiature '. Ils exécutaient parfois leurs manoeuvres dans l'arène au son de l'orgue; ce que l'on admirait alors, c'était la précision avec laquelle ils réglaient sur la cadence de la musique leurs moindres mouvements'. On voit même parmi eux une femme : Pétrone parle d'un riche propriétaire qui s'apprête à
III.
donner des jeux magnifiques: entre autres raretés il doit montrer au peuple une es.eedarie°. On a fait remarquer à ce propos que chez les Bretons les femmes montaient souvent comme les hommes sur les chariots de guerre et affrontaient avec eux tous les dangers de la bataille". Une essedaria conduisant elle-même un char, ou lançant le javelot de l'extrémité du timon, devait offrir à la curiosité des Romains un véritable régal.
Les inscriptions latines nous font connaitre des essedarii, qui ont vécu au tCr et au lle siècle; quelques-uns ont appartenu aux empereurs ". G. L_SFvYE.