Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio

MOLEIA

MOLEA (Md)rotm). Fête arcadienne commémorative du duel mythique d'Aréïthoos et de Lycurgue, fils d'Aléos et roi de TégéeDans ce combat singulier, Aréïthoos, surnommé le Korynute, parce qu'il avait pour arme une massue ferrée, fut surpris .par son adversaire dans un chemin étroit ntoto iv ilr) et tué d'un coup de lance. En souvenir de ce combat (1rroc), le lieu reçut le nom de MwÀ)y;ov . C'est là sans doute qu'était célébrée la fête des Moleia. Ce lieu et cette fête doivent être localisés sur le territoire de Mantinée, à l'endroit où Pausanias signale une route très resserrée et un tumulus que les gens du pays désignaient sous le nom de tombeau d'Aréïthoos". La légende rnantinéenne du duel d'Aréïthoos et de Lycurgue semble être une adaptation locale de mythes béotiens importés en Arcadie. En effet, le héros Aréïthoos était un héros minyen, originaire de la ville béotienne dAmé5, où il apparaît comme une hypostase de l'Arès béotien 0 Or, en Arcadie, l'Arès béotien s'identifie avec le dieu indigène Poseidon Ilippios, père du cheval de guerre Aréion , et dont la naissance était localisée auprès de la source Arné, voisine de Mantinée 8, Il en résulte qu'en Arcadie Aréïthoos s'est lui-même transformé en DI MOL 1961 MOL Pompéi, ni à celui d'Afrique dont il a été parlé plus haut, mais ils sont construits d'après le même principe : les meules sont aplaties, et le catillus a une cavité peu profonde, la Jacta une convexité peu saillante. Dans l'exemple fourni par la figure 5101, on remarquera au centre une tige traversant les deux pierres. Cette tige était souvent renflée à sa ba de facon que son diamètre à son point de scellement fût supérieur à celui de la traverse, et que les deux meules fussent écartées l'une de l'autre' ; près de cet axe on voit les ouvertures pratiquées pour le passage du grain. Deux barres droites, plantées dans des anneaux sur deux points opposés du cetillas, servaient à le mettre en mouvement. Une seule personne y pouvait suffire quand le moulin était de très petites dimensions; il en fallait deux s'il était plus grand. Cette opération se faisait alors, non pas en tirant sur les barres transversales, mais en lespoussant, comme on peut le voir (fig. 5105) sur un sarcophage du Musée de Latran, qui reproduit ton tes les opérations nécessaires à la production du pain, depuis le labourage jusqu'à la cuisson 2. L'opération pénible de la mouture était, chez les Grecs primitifs, confiée aux femmes : cinquante chez Al cinoüs douze dans le palais d'Ulysse y étaient employées. Il en fut longtemps ainsi'. Les Égyptiens, les Juifs faigaient de même 6. Ces femmes étaient, généralement des esclaves. Toutefois, des hommes de condition libre, on en cite dans une haute situation, se seraient livrés à ce labeur, soit par simplicité, soit à titre d'exercice corporel. « Epiménide, lit-on dans Plutarque ', fait sagement de ne pas travailler à moudre et à pétrir comme fait Pittacus. J'ai moi-même entendu dans File de Lesbos une esclave étrangère qui chantait en tournant le moulin : « Moulez, « meules, moulez, car Pittacus, le roi de la grande Mity« Tène, se plaît aussi à moudre. » Il semble qu'à Rome cette tache ait été plutôt réservée à des esclaves du sexe masculin. De pauvres gens louaient aussi leurs bras pour ce travail. On sait que Plaute tournait la meule et composait ses comédies dans les intervalles de repos 9. En raison de l'effort exigé et du caractère abrutissant d'un pareil labeur, envoyer les esclaves au moulin était parfois un châtiment 9 . Ils travaillaient quelquefois enchaînés "'. On employait aussi des criminels, les yeux crevés ". La condition de tous était des plus misérables'. Les moulins à traction animale étaient également très employés. On faisait usage d'ânes 13 ou de chevaux", d'où les noms de mola asinarial5, mola jumentaria16 par opposition aux moulins à bras dont nous avons énuméré les dénominations. Ces moulins étaient de dimensions plus considérables, et garnis d'une lourde armature en bois, comme on peut le voir d'après les bas-reliefs assez nombreux quilesreprésententl7 L'animal étaitattelé par des chaines à cette armature, et le collier spécial qu'il portait était appelé molile18. Pour le cheval comme pour l'homme, cette besogne était considérée comme la plus dégradante 79. Pour éviter qu'ils ne fussent étourdis par la continuité de leur marche circulaire, on leur bandait les yeux avec des oeillères de cuir, comme le dit Apulée 20 et comme on le voit fidèlement indiqué (fig. 5906) sur un sarcophage du Vatican 21. On remarque au-dessus du ca n. 1 tillus une boite conique qui doit être un engraineur, fermé par une soupape que l'on soulevait à l'aide d'une corde. Le moulin à eau (mola aquaria, hydromalaItydralctes 23 vSpzXirAc44) était fort employé aussi dans l'antiquité. Le plus ancien dont ii soit fait mention est celui qui existait dans le palais de Mithridate, roi de Pont". Une épigramme attribuée à Antipater de Thessalonique, qui vivait au ter siècle, semble indiquer qu'ils ne se répandirent que lentement, tout au moins en Asie Mineure. Il célèbre en ces termes ce qu'évidemment il considère comme une invention nouvelle : « Ne mettez plus la main au moulin, ô femmes qui tournez la meule. Dormez longtemps, quoique le chant du coq annonce l'aurore, car Cérès a chargé les nymphes du travail qui occupait vos bras. Celles-ci s'élancent sur la sommité d'une roue, font tourner son axe, qui, au moyen de rayons mobiles, met en mouvement la pesanteur de quatre meules concaves 26. » Toutefois, à la même époque, les moulins à eau MOL 4960 MO L en a fait une condition de sa libéralité'. Le droit au legs est subordonné à l'exécution du modus. Il y a, de nombreux exemples de cette manière de disposer sub modo.b. Le testateur peut aussi rendre indirectement obligatoire le modus en imposant la charge sous peine d'amende 2 [MU LTA]. Cette amende était établie au profit d'une personne juridique (peuple romain, cité, collège, temple), pour éviter l'application de la règle du droit privé qui annule les stipulations pour autrui. Dans tout autre cas, le modus était sans valeur juridique. L'autorité publique n'intervenait pour en assurer l'exécution que dans des cas exceptionnels, par exemple, pour obliger l'héritier à élever un monument funéraire au testateur Si le bénéficiaire du modus ne peut agir en justice contre le légataire, sa situation est cependant meilleure que dans le cas de donation. II est du devoir du magistrat de prendre les mesures nécessaires pour que la volonté du testateur soit obéie. Le testament romain a toujours conservé quelque chose du caractère législatif qu'il avait à, l'origine : c'est pour cela que le magistrat doit en favoriser l'exécution par les moyens dont il dispose : a. il invitera le légataire à promettre sous caution d'exécuter le modus, sinon il lui refusera l'action en délivrance du legs 4, ou il permettra à l'héritier d'écarter celte action par une exception de dol 5 ; b. il usera de moyens de coercition : il infligera au légataire une amende ou prescrira une il9if~Yloris Capio [MUTA, PIGNUS]. ÉDOUARD (1oQ.