Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio

ARIMASPI

ARIMASPI (9ptg.aaicoO, les Arimaspes. Peuple fabuleux dont les légendes plaçaient l'existence près des limites du monde connu, au nord de la Scythie. Les traditions qui les concernaient avaient été recueillies par un poëte, Aristée de Proconnèse, dont l'ouvrage est perdu ; mais Hérodote et d'autres auteurs, parmi ceux qui ont parlé des Arimaspes', ont eu son Arimaspeia sous les yeux. On représentait les Arimaspes comme des hommes farouches, n'ayant qu'un oeil, toujours en guerre contre les griffons, qui sont dans les anciens récits Ies gardiens de l'or caché dans les entrailles de la terre [GaYPUUS]. A ces caractères, les uns ont cru reconnaître les habitants sauvages des pays riches en or, situés vers le nord-est, comme I'Oural, l'Altaï, etc. ; les autres n'ont attaché à ces fables qu'une signification religieuse et les ont mises en rapport avec celles qui concernent Apollon Hyperboréen 22. L'art s'est emparé à son tour de ce type ; il a figuré les Arimaspes sous la forme de guerriers coiffés d'une mitre [MITRA], portant des braies ou anaxyrides [BRACCAE], comme on représentait ordinairement les Barbares, et, en les opposant aux griffons, il a fait de ce combat une composition élégante, que l'on rencontre surtout employé comme un motif de décoration dans les oeuvres d'un art avancé. Voici cependant (fig. 517) une pierre gravée étrusque 3, qui est la plus ancienne représentation que nous connaissions de ce ARI -424 ARE sujet. L'Arimaspe a des ailes, comme beaucoup de figures mythologiques des Étrusques, et chose plus singulière, une queue; mais il paraît avoir deux yeux et non pas l'c~eil unique des anciens récits. Les artistes des temps postérieurs ne se sont pas non plus conformés à cette tradition en figurant des Arimaspes. On en rencontre assez fréquemment la représentation sur des plaques de terre cuite (fig. àM8) qui servaient d'ornements de frise 4. On voit aussi dans beaucoup de monuments des femmes vêtues et armées comme les Arimaspes et combattant les mêmes êtres fabuleux; on les considère ordinairement comme des Amazones 6 ; mais cette ex plication ne s'appuie sur aucun texte ancien, et il n'est pas vraisemblable que les Amazones, vouées au culte d'Apollon, aient eu pour adversaires des animaux qui lui étaient consacrés ; il est plus naturel de penser qu'on a voulu montrer des femmes des Arimaspes s'armant et luttant comme eux : c'est ainsi que les femmes des Scythes s'associaient à Ieurs maris dans toute espèce de combat E. SAGLTO.