PHALERAE (]11x),080). --Ce nom, toujours employé au pluriel, a désigné à l'origine 1 des bossettes ornant ou renforçant un casque [GALEA, p. 1442] ; on l'appliqua par la suite à des ornements attachés aux harnais des chevaux, puis à d'autres portés par les hommes et qui devinrent des décorations militaires.
Le goût des phalères dans le harnachement paraît
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PH â.
avoir passé du Nord et de l'Orient ou ce luxe fut poussé très loin dans tous les temps, en Grèce et en halles. C'étaient des plaques de métal brillant, d'ivoire', ou de pierre précieuse°, appliquées sur le harnais ou qui y étaient suspendues, et dans ce cas, elles affectaient des formes très variées. Au lieu des rondelles et des têtes de clou primitives, qui d'ailleurs ne furent jamais abandonnées, surtout pour le harnais de tète, les autres pièces', la sous-gorge, le poitrail, les longes et jusqu'a la croupière furent souvent garnis de bulles, de glands et pendeloques de toutes sortes, découpées en croissants, en trèfles, palmettes ou autres feuillages, quelquefois de grelots ou sonnettes°, de médaillons ornés de figures gravées ou repoussées, auxquels l'art pouvait donner une valeur dépassant de
beaucoup celle de la matière On les distingue sur un grand nombre de vases grecs or sont peints des chevaux montés, ou attelés «fig. 5616, voir encore fig. 2209, 22162433, 2686, 2687, 2712, 2726,'9562) et sur ; c monu
i sculptés où sont ropresentt.s 'des cap
mains (fig. 27338, 2159, 2691, 2739, 2743, 2 27.9, 4931 9i, des chevaux du eh-que (;,lins, p. 11981, Il subsiste même, pour la période romaine, quelques exemplaires bien conservés. Celui qu'on voit (fig. 5617), en argent repoussé, appartient au Musée impérial de Vienne i0. On n'a pas encore rencontré de phalères d'or, mais les auteurs en font mention " ; il en existe de pierres précieuses 5'-.
l'IF A.
L'argent fut, avec le bronze, la matière le plus souvent employée 13, tant pour les phalères d'ornement que pour celles qui étaient des insignes ou des récompenses.
Les Étrusques ont connu celles-ci avant les Romains. D'après Florus i4, elles furent Introduites à Rome par Tarquin l'Ancien, avec les principaux insignes des hautes magistratures. Vu rve siècle av. ,l.-C., elles étaient, comme l'anneau d'or, un privilège de la noblesse sénatoriale'°. Elles furent dès ce temps-là
ou devinrent peu après des récompenses militaires et qui ne furent pas réservées aux seuls cavaliers i3. Polybe nous apprend" qu'elles étaient le prix de la vaillance du cavalier qui avait terrassé an ennemi et emporté ses de pouilles, mais il dit aussi que, pour le même exploit, un
soldat d'infanterie était décoré d'une phiale (gtaar), par quoi il faut certainement entendre une phalène de la plus simple forme, c'est-à-dire un plateau légèrement creusé, comme une coupe, avec un bouton saillant au milieu" : telles
sont les neuf phalères que l'on voit (fig. 5618), avec deux torques sur la poitrine d'un porte-aigle, dont l'effigie est conservée au musée de Mayence ", et celles qui sont disposées de la même manière (fig. 5619), formant trophée, sur la tombe d'un légionnaire, au
musée de Wiesbaden 20. De même aspect sont les phalènes de plusieurs cavaliers dont les tombes ont été retrouvées dans les mêmes régions, ou celles qu'on voit ajustées au harnais de leurs chevaux (fig. 2739) 2n, tandis que d'autres sont ornées de figures (fig. 2738).
Un trésor comprenant neuf phalères d'argent a été découvert en 1858 près de Crefeld Toutes sont ornées de têtes tra
vaillées au repoussé, une seule Fig. 5619 Phalèree. exceptée, faite en demi-lune, avec
l'Image d'un double sphinx (fig. 5620). La forme circulaire, la plus ordinaire, n'était pas, en effet, exclusivement adoptée et l'on retrouve celle d'un croissant ou
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d'une peint, si commune d'ailleurs dans le harnache
ment sur les effigies de plusieurs soldats ou offi
ciers D'autres phalères ont été trouvées en Istrie, non loin de Pola', parmi lesquelles il en est une de forme allongée, divisée en deux registres où l'on voit des figures de Mars et de la Victoire et l'inscription DEVIC(ta)
BRITTA(92' Le b~ rds sont munis de petits anneaux de
suspension. Les pha
lères de LauersforL
étaient fixées par un
autre procédé : le creux
en était rempli de poix
et elles étaient dou
blées d'une plaque de
cuivre que traversait
un fil de métal formant
des oeillets à l'endroit
où les courroies appli
quées à la poitrine et
-"apportées par les
épaules, comme on le
voit dans les figures Lauersrnrt. 2737, 4420, 4421, 5618,
5619, s'entrecroisent tantôt à angle droit, tantôt en diagonale''.
Les phalères, sur plusieurs de ces monuments, sont réunies aux autres récompenses que les défunts avaient méritées. Elles sont mentionnées dans de nombreuses i nseripLions 5, où elles figurent entre les bracelets jARMILLA, p. 438] et les couronnes [coRONA p. 1535 sq,]. On n'a pas cependant encore déterminé avec certitude le rang qu'elles tenaient parmi les autres récompenses, ni dans quelles circonstances précises on les donnait, ni qui en avait le pouvoir 5. Il parait généralement admis qu'elles étaient décernées aux simples soldats et aux principales jusqu'au grade de centurion'.
A l'imitation des phalères dont on parait les chevaux, on en mit parfois aux coureurs et aux porteurs de litière 8.
PIioïeree fut aussi le noms d'un bijou de femme : il s'agit probabiementde pendants de cou qui rappelaient les phalères par leur aspect. E. S.1c;.to.