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PLUTUS, ilxoüroç, personnification mythologique de la richesse chez les Grecs. Dans la Théogonie d'Hésiode, Plutus apparaît comme le fils de Déméter, né en Crète de l'union de la déesse et du héros Iasios'. Ses relations avec Déméter et Korè sont affirmées par l'hymne homérique à Déméter et par un passage d'Aristophane', Cette conception date évidemment de l'époque très ancienne où l'agriculture était l'unique source de richesse connue des Grecs. Plus tard, les poètes et les artistes exprimèrent d'autres idées. Aristophane, dans son Plutus, et le poète rhodien Timocréon donnèrent à Plutus les traits d'un vieillard aveugle, qui distribuait à l'humanité plus de
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maux que de vrais bonheurs'. Quant aux artistes, ils placèrent Plutus, sous les traits d'un enfant, tantôt dans les bras d'Eirènè' PAX, fig. 5529'i ou de Tychè 3, tantôt auprès d'Athéna Erganè t. Ce n'était donc plus seulement dans l'Agriculture, ruais dans la Paix, la Fortune, le Travail sous ses diverses formes, qu'on plaçait I'origine de la richesse. Sur une hydrie à figures rouges, découverte à Rhodes, M. Salomon Reinach a reconnu Plutus remis après sa naissance par Gè entre les mains de Déméter . les traits et l'attitude de l'enfant rappellent ceux du groupe de Céphisodote où on le voit dans les bras d'Eirènè °. On ne saurait dire si c'est lui ou IacchosPluton, avec qui il se confond souvent [IxccnoS, p. 369]. qu'il faut reconnaître dans un enfant nu et tenant une corne d'abondance, debout auprès de Déméter dans une peinture qui représente l'initiation d'Hercule aux mystères d'Agrae (fig. 2630). Sur un de ces vases où les céramistes attiques ont donné volontiers à leurs personnages la figure d'amours ou d'enfants ailés, le nom de Ilaoûioç est inscrit au-dessus de l'un de ceux-ci, qui marche les bras tendus vers un trépied, prix de la course ; une Victoire conduit le quadrige vainqueur
Il ne semble pas que Plutus ait été honoré d'un véritable culte. Les anciens ne signalent ni temple, ni sanctuaire, ni autel de Plutus. Dans les Thesmophories d'Aristophane, le héraut, s'adressant à la foule, lui ordonne de prier Déméter, Coré, Ploutos, Calligeneia, etc., et le scoliaste nous apprend qu'ici Ploutos serait l'époux de Perséphone'. On peut se demander si dans ce passage il ne convient pas de lire II),oia€t ou I1noémivt, au lieu de
PNYX génitif IIuxvo'ç'). Nom d'une des collines d'Athènes, lieu de réunion de l'assemblée du peuple.
1. Dans son sens le plus étendu, Ilvé, désignait la hauteur rocheuse qui s'oppose au Lycabette 2, à l'ouest de l'Acropole, entre la colline du Musée au sud 3 et celle qu'on appelle aujourd'hui colline des Nymphes ou de l'Observatoire. Elle est couverte de vestiges d'escaliers, de citernes, de maisons creusées dans le roc. Les habitations y étaient si resserrées, qu'on expliquait par là l'étymologie de IIvéç `. Cette cité rupestre, comprise dans l'enceinte de la ville, appartenait aux dèmes de Mélité et de Koilé 0. Au milieu du rve siècle, toute la région était déserte, et Timarque proposa, sans succès, de la repeupler °.
Il. Dans son sens plus restreint, Ilvu; désignait le local où siégeait le plus souvent l'assemblée du peuple
[ECCLESIA, p. 5181, durant le ve siècle et la première moitié du Ive, c'est-à-dire depuis l'époque de Clisthène jusqu'à la reconstruction en pierres du théâtre de Dionysos, sous l'administration de Lycurgue, vers 343'. A dater de ce moment, l'assemblée émigra dans ce nouveau théâtre, où elle se trouvait mieux installée ; toutefois, elle se réunit encore de temps à autre à la Pnyx s.
Les textes nous apprennent que le local de la Pnyx occupait une hauteur rocheuse, appelée HéTp«t 2, près de l'Acropole 10, du Mouseion" et de Kolonos Agoraios '2, en vue de l'Aréopage f3 et des Propylées ". Il avait, en gros, la forme d'un théâtre, mais l'aménagement en était d'une rusticité archaïque 'S. La tribune ou p.« était en pierre 10, près d'un rocher taillé ". Avant les Trente Tyrans, elle aurait eu vue sur la mer, mais elle aurait été déplacée par eux et tournée du côté de l'intérieur '8. Enfin, il y avait sur la Pnyx un mur, contre lequel Méton avait installé en 433 un cadran solaire 19,
Un point de la topographie d'Athènes répond en détail à, toutes ces données : c'est le versant nord-est de la hauteur qui fait face à l'entrée de l'Acropole et à l'Aréopage. On y voit encore les restes d'une vaste terrasse en hémicycle (fig. 5718) 20, dont l'axe a 70 mètres et la base environ 120 mètres, entourée d'un puissant mur de soutènement. 11 en subsiste un tronçon en appareil trapézoïdal à décrochement, conservé sur une longueur de 85 mètres
environ et une hauteur maxima de 5 m. 13 21. La construction de ce mur et par suite l'aménagement de toute la terrasse peuvent être attribués à la tin du vie siècle, et considérés comme contemporains de l'institution de la démocratie par Clisthène, en 508". Le mur soutenait
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une terrasse artificielle en forme de cave« légèrement inclinée en pente vers la base du demi-cercle (fig. 5719) ', qui était constituée par une coupe verticale (xecxTo r du rocher, taillé à pic suivant une ligne brisée de
120 mètres de long sur 7 m. 40 de hauteur maxima. Au milieu de cette ligne, une saillie du roc forme un cube rocheux, taillé avec soin, avec des degrés et une estrade. II est difficile de ne pas reconnaître dans ce détail, représenté par la figure 5717 2, la tribune ou 3'ids.x. Elle se compose d'une plate-forme inférieure de 9 m. 30 de front sur 2 m. 20 de profondeur au milieu ; le niveau est à 1 m. 10 au-dessus du sol ; on y accédait par trois degrés. C'est sur cette estrade, entourée d'une barrière 3, que se tenaient les orateurs. Ils avaient largement la faculté de s'y mouvoir en parlant'. Le fond de la plate-forme est occupé par un dé de roc de 3 m. 30 de côté et 1 m. 90 de haut, desservi par des escaliers latéraux 6. On y reconnaît
l'autel de Zeus Agoraios, où se faisait, avant chaque séance, le service religieux 6. Le pied de l'autel était entouré d'une banquette oit étaient plantées les stèles de décrets et d'ex-voto 7. En arrière, de chaque côté de la tribune, des gradins taillés dans le roc servaient de sièges au président (épistale) et aux cinquante prytanes qui constituaient le bureau ou proe'dria de l'assemblée'. Plus tard, à une basse époque où la Pnyx était depuis longtemps abandonnée, fut aménagé dans la paroi rocheuse un petit sanctuaire de Zeus Hypsistos, avec des niches votives, d'où proviennent plusieurs dédicaces à ce dieu 2.
La surface enclose est de 6240 mètres carrés, capable de contenir 18000 auditeurs assis et 25000 debout fe. L'effectif de l'assemblée dépassait rarement 5000 assistants 11 Le local était clos de toutes parts, pour soustraire les délibérations à la curiosité des indiscrets f7. L'entrée unique de la cave« se trouvait au nord-ouest, dans un passage fermé par un mur, où avait lieu le contrôle des entrées, par les éuUoyetç Tou ô-iipteu 13, De là, le peuple descendait dans la cavea par un escalier; il se tenait à ses places (ËSoat) assis, ou plutôt accroupi, par terre (yai,.ai); il n'y avait ni bancs ni gradins à son usage'', et c'est sans doute pourquoi il émigra avec empressement au théâtre de Dionysos.
Derrière la tribune, s'étendait une autre terrasse rectangulaire, avec un autel taillé dans le roc (fig. 57113). Elle était isolée de la Pnyx par un mur : on y reconnaît
aujourd'hui le sanctuaire d'Héraklès de Mélité '5, ou le Thesmophorion voisin de la Pnyx 16.
L'identification avec la Pnyx 17 du local ci-dessus décrit a fait l'objet de nombreuses discussions. Welcker 16, suivi par Curtius 19 et par d'autres savants 20, a voulu y reconnaître un sanctuaire de Zeus Hypsistos ; d'autres retrouvaient dans le soutènement de la Pnyx un fragment du Pélasgicon 2', ou bien l'enceinte de l'agora 22 ; plus récemment on a prétendu l'identifier avec l'Eleusinion d'Athènes 22. Mais aucune de ces théories ne résiste à l'examen. Les dédicaces romaines à Zeus Ilypsistos 26 ne peuvent prévaloir contre la découverte, aux abords du 3tua, d'inscriptions portant la mention °Opcç IIuxv,3ç 2s
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Quant au texte de Plutarque d'après lequel les Trente auraient modifié l'orientation de la tribune, en la tournant du côté de l'intérieur, il repose sur une méprise. Plutarque a interprété au propre, comme contenant l'indication d'un fait matériel, une métaphore puisée dans une de ses sources. L'auteur qu'il dépouillait voulait dire, au figuré, que les Trente avaient changé le thème oratoire des démagogues, en substituant à la glorification de la puissance maritime d'Athènes la discussion des intérêts fonciers de l'Attique'. GUSTAVE FOUGÈRES.
POCULUIVI.-Vase à boire, coupe, écuelle,dont la forme est aussi peu précisée que celle de la plupart des noms de vases, tant en grec qu'en français. Les auteurs, tout en se servant souvent de ce mot', ne nous donnent guère d'indications sur la forme. Mais nous possédons des témoins plus anciens et plus authentiques
c'est une série de vases, trouvés à Rome et en Étrurie, qui portent tous la même formule peinte en jaune sur fond noir :
nom de la divinité, à laquelle le vase est dédié, qui en est le propriétaire. Nous y trouvons les noms d'Aecetiai, Aisclapi, Belolai (= Bellonae), Coera, Lavernai, Fortunat, Iunon(en)es, Keri, Menervai, Saeturni, Veneres, Vesta, Volcani'. La plupart de ces vases (onze sur quinze) sont des coupes sans anses, munies d'un petit pied ; toutes, ou presque toutes, portent à l'intérieur un petit tableau de genre, peint, comme l'inscription, en jaune sur le vernis noir, dans un style lâche, mais qui rappelle encore la décoration gracieuse des vases de Gnathia3. C'est un Amour tenant un rameau et une coupe (fig. 2535), un enfant qui vole en versant du vin d'une aiguière, un Amour debout sur un chien, un autre qui joue de la
sur ce texte pour distinguer l'ancienne Pnyx, antérieure à 404, qu'il identifiait avec la terrasse et l'autel de l'Hérakleion de Mélité, et la nouvelle Pnyx, située dans l'hémicycle inférieur. Il est vrai qu'aujourd'hui, de la terrasse de l'llérakteion, on a vue sur la mer: mais autrefois cette vue était masquée par le rempart de la ville situé sur la crête (Diateic/tisma de Cléon, construit en 425; voir fig. 5718) ; de plus, on ne saurait faire honneur aux Trente, peu favorables à l'extension de i'ecclésia populaire, de la belle installation de l'hémicycle infé
vnurem. Stuart et Revett, Antigaities, II, p. 467, pl. sui, 5, 6; Chandler, Athenai (Realeneycl. de Pauly-Wissowa, Supplément, p. 178); Crew, The
plan général et croquis de détail) ; Harrison, Mythol. and raonum. une. Athens,
double flûte, un autre enfin, muni d'un alabastron, debout devant un hermès barbu, etc. Cependant, quatre vases de cette même série . ne sont pas des coupes, mais des oenochoés cannelées, qui portent des inscriptions sur l'épaule(fig. 5720)5. C'est bien une preuve que les potiers qui fabriquaient ces ex-voto ne réservaient point à une seule forme de vases le nom de poculum, tout en le donnant, de préférence, aux coupes sans anses qui furent les vases à boire usités à Rome, depuis le Ive siècle jusqu'à l'Empire. En effet, les bols de tout genre et les coupes d'Arezzo qui ont été mentionnés dans d'autres articles [CYMBÉ, MASTOC, PATELLA, PAIERA, PIIIALA] Sont tout aussi bien des pocula que les exemplaires que nous venons de décrire et qui datent de la fin du Ive siècle ou de la première moitié du me. Il va sans dire que les pocula somptueux en métal ou en cristal, qui décoraient la table des riches, avaient des formes analogues aux humbles imitations d'argile Les trésors de Boscoreale, de Hildesheim', etc., en témoignent. G. KARO.
PODANIPTER [PELLUVIA, PELVIS}.
PODIUM (flCôwv). Base continue, socle, soubassement de colonnes', mur ou banquette à hauteur d'appui pouvant servir de support, par exemple à des ruches, à des jarres dans un cellier'.
Construction élevée autour de l'arène d'un amphithéâtre ou d'un cirque, sur la plate-forme de laquelle étaient les places des spectateurs du premier rang [AMPHITHEATRUM, clams]. E. S.